En bref : un conseiller en sécurité financière ne fait pas battre le marché, et celui qui vous promet le contraire devrait vous inquiéter. Sa valeur se trouve ailleurs, dans les décisions structurantes qu'on prend trois ou quatre fois dans une vie et qu'on ne peut pas reprendre : dans quel ordre décaisser ses comptes, quoi faire d'un fonds de pension quand on change d'emploi, quelle protection mettre en place avant un diagnostic, qui inscrire comme bénéficiaire. Un portefeuille se gère seul aujourd'hui, avec des outils excellents et peu coûteux, et je ne vais pas prétendre le contraire. Une vie financière, non. Les événements qui coûtent le plus cher ne se produisent pas dans un portefeuille, ils se produisent dans une vie : un changement d'emploi, une naissance, une séparation, un diagnostic. La différence entre les deux se mesure rarement en points de rendement, et souvent en milliers de dollars d'impôt évités ou en une protection qui existait au bon moment.
La première question qu'on me pose en rencontre, presque toujours, est une variante de celle-ci : « Est-ce que vous allez me faire faire plus de rendement ? »
Ma réponse est non. Et c'est probablement la chose la plus utile que je puisse vous dire avant qu'on aille plus loin.
La question du rendement
Personne ne peut promettre un rendement supérieur de façon fiable, et surtout pas à l'avance. Un conseiller qui laisse entendre le contraire vend une chose qu'il ne contrôle pas.
Ce que je peux influencer, en revanche, c'est l'écart entre le rendement d'un placement et le rendement que son détenteur obtient réellement. Cet écart existe parce que les gens achètent après une hausse et vendent après une baisse. Il n'a rien à voir avec la qualité du produit et tout à voir avec le comportement.
Les cinq endroits où la valeur se trouve
Voici ce que je regarde concrètement quand quelqu'un s'assoit en face de moi. Aucun de ces cinq points n'est un point de rendement.
- Structurer les protections avant qu'on en ait besoin. Une assurance ne s'achète pas au moment du diagnostic. C'est l'unique produit financier dont l'accès dépend de votre état de santé au moment de la demande.
- Éviter les erreurs fiscales irréversibles. Un retrait de REER hors du RAP fait perdre les droits de cotisation pour toujours. Une consolidation mal montée transforme une dette de cinq ans en dette de vingt-cinq ans. Ces erreurs ne se corrigent pas après coup.
- Tenir le cap quand ça baisse. C'est peu spectaculaire, et c'est pourtant souvent ce qui rapporte le plus sur un horizon de vingt ans.
- Coordonner les décisions entre elles. Le REER, le CELI, l'hypothèque, les assurances et le décaissement forment un seul système. Optimiser chaque morceau séparément donne rarement le meilleur résultat d'ensemble.
- Vérifier les désignations de bénéficiaires. C'est la vérification la plus rapide et la plus rentable de toutes. Elle prend dix minutes et je la fais systématiquement, parce qu'une désignation périmée après une séparation ou un décès crée des situations que personne ne souhaite à sa famille.
Le cas de figure qui revient le plus souvent dans ma pratique n'est pas un mauvais placement. C'est un dossier correct sur le fond, où un détail administratif n'a jamais été mis à jour, et où ce détail change complètement le résultat au moment où il compte.
Faites l'exercice ce soir, sans moi. Sortez vos contrats d'assurance, votre REER et votre CELI, et vérifiez le nom inscrit comme bénéficiaire sur chacun. Si un de ces noms date d'avant un mariage, une séparation ou une naissance, vous venez de trouver la correction la plus rentable de votre année.
Ce qu'un portefeuille automatisé ne fait pas
Les plateformes automatisées font très bien ce pour quoi elles ont été conçues : construire un portefeuille diversifié, le rééquilibrer et le facturer peu. Sur ce terrain précis, elles sont difficiles à battre, et je ne vais pas prétendre le contraire.
Ce qu'elles ne font pas, c'est vous appeler quand vous changez d'emploi pour vous demander ce que vous comptez faire de votre fonds de pension. Elles ne remarquent pas qu'un troisième enfant vient de naître et que votre couverture d'assurance vie date d'avant le premier. Elles ne vous disent pas d'arrêter de cotiser au REER cette année parce que votre revenu a chuté et qu'il vaut mieux garder vos droits pour plus tard.
Ce sont des décisions ponctuelles, rares, et à conséquences durables. Elles ne se produisent pas dans un portefeuille. Elles se produisent dans une vie.
Comment je suis payé
Autant le dire clairement, parce que c'est la question que peu de gens osent poser.
Je suis rémunéré par les compagnies dont je distribue les produits, sous deux formes principales : une commission lorsqu'un contrat d'assurance est mis en vigueur, et une portion des frais de gestion prélevés à même les fonds de placement que vous détenez.
Le point important est celui-ci : ces frais de gestion existent que vous soyez accompagné ou non. Un fonds comparable acheté seul au comptoir d'une institution porte généralement des frais du même ordre. La différence n'est pas ce que vous payez. C'est si quelqu'un se sert de cette rémunération pour faire un vrai suivi de votre dossier.
Vous avez parfaitement le droit de me demander, sur n'importe quelle recommandation, comment je suis rémunéré et s'il existe une option qui vous coûterait moins cher. Une réponse floue à cette question est un signal.
Cinq questions à poser avant de choisir
Que vous fassiez affaire avec moi ou avec quelqu'un d'autre, posez ces questions. Les réponses vous en diront plus qu'une brochure.
- Quels titres détenez-vous, et sous quel numéro êtes-vous inscrit à l'Autorité des marchés financiers ?
- Comment êtes-vous rémunéré sur ce que vous me recommandez ?
- À quelle fréquence allons-nous nous revoir, et qu'est-ce qu'on révise à chaque fois ?
- Qu'est-ce qui n'est pas dans votre champ de compétence, et vers qui me dirigez-vous dans ce cas ?
- Que se passe-t-il avec mon dossier si vous quittez la pratique ?
La quatrième est ma préférée. Un conseiller qui n'a jamais de limite à nommer est un conseiller qui n'a pas encore rencontré de dossier compliqué.
Vous pouvez vérifier mon inscription vous-même dans le registre de l'AMF, sous le numéro 267112. Et si vous voulez savoir à quoi ressemble une première rencontre, c'est décrit sur ma page des services.
Questions fréquentes
Combien coûte un conseiller en sécurité financière ?
+Dans la plupart des cas, vous ne recevez pas de facture directe. La rémunération est intégrée aux produits, sous forme de commission à la souscription d'une assurance ou de frais de gestion prélevés à même le fonds de placement. Ils sont prélevés de la même façon avec ou sans accompagnement. La vraie question n'est donc pas de savoir si vous payez, mais ce que vous obtenez en retour : un suivi réel, des révisions, et quelqu'un qui répond quand votre situation change.
Quelle différence entre un conseiller en sécurité financière et un planificateur financier ?
+Ce sont deux titres distincts encadrés par l'Autorité des marchés financiers. Le conseiller en sécurité financière est habilité à analyser vos besoins et à vous conseiller en assurance de personnes et en produits d'épargne comme les fonds distincts. Le titre de planificateur financier, ou Pl. Fin., est un titre réservé qui exige un diplôme de l'Institut québécois de planification financière et qui couvre la planification intégrée des sept domaines d'intervention. Je suis conseiller en sécurité financière, inscrit à l'AMF sous le numéro 267112.
À partir de quel montant d'épargne vaut-il la peine de consulter ?
+Il n'y a pas de seuil. Les décisions les plus coûteuses que je vois n'ont souvent rien à voir avec la taille du portefeuille : une désignation de bénéficiaire mal faite, un retrait de REER au mauvais moment, une protection absente au moment d'un diagnostic. Ces erreurs coûtent la même chose à quelqu'un qui a 40 000 $ et à quelqu'un qui en a 400 000 $.
Parlons de votre situation, sans engagement
Une première rencontre sert surtout à savoir si on a une raison de travailler ensemble. Si ce n'est pas le cas, je vous le dirai. Consultation gratuite, sans engagement.
