En bref : le REER et le CELI sont les deux principaux régimes d'épargne enregistrés au Canada, mais ils fonctionnent à l'inverse l'un de l'autre. Le REER donne une déduction d'impôt immédiate à la cotisation, mais chaque retrait est imposé comme un revenu régulier, ce qui le rend avantageux si votre taux d'imposition sera plus bas à la retraite qu'aujourd'hui. Le CELI fonctionne à l'envers, aucune déduction à la cotisation, mais la croissance et les retraits sont entièrement libres d'impôt, ce qui en fait l'outil le plus flexible pour un revenu encore modeste ou appelé à grimper. En pratique, le choix dépend surtout de votre taux marginal d'imposition actuel comparé à celui que vous aurez à la retraite, plus il est élevé aujourd'hui, plus le REER devient avantageux ; plus votre revenu est appelé à augmenter, plus le CELI protège vos droits pour plus tard.
C'est la question qu'on me pose le plus souvent en rencontre : « Olivier, je mets ça dans mon REER ou dans mon CELI ? » Elle a l'air simple. Derrière, il y a une décision qui, sur 30 ans, se compte en dizaines de milliers de dollars.
Le problème, c'est que la plupart des gens que je rencontre mélangent encore les deux régimes, ou choisissent le mauvais sans le savoir. Certains cotisent religieusement à leur REER en gagnant 35 000 $ par année. D'autres remplissent leur CELI sans réaliser qu'ils laissent des milliers de dollars d'économies d'impôt sur la table chaque année. Ces erreurs n'ont rien d'étonnant : la fiscalité canadienne est complexe, et personne ne l'enseigne à l'école.
À la fin de cet article, vous saurez lequel choisir dans votre situation. Les vrais calculs, les vrais chiffres, et la stratégie que je recommande à mes clients de Brossard, de la Rive-Sud et d'ailleurs au Québec.
Mis à jour le 25 août 2026 : plafonds et chiffres 2026 revérifiés.
Tableau comparatif rapide
Avant d'entrer dans le détail, voici l'essentiel en un tableau. C'est la vue d'ensemble que je montre à l'écran dans presque toutes mes rencontres. Pour l'épargne destinée aux études des enfants, c'est le REEE qu'il faut regarder en premier, parce que les subventions y battent tout le reste.
| Caractéristique | REER | CELI |
|---|---|---|
| Plafond 2026 | 18 % du revenu, max 33 810 $ | 7 000 $ (+ cumul depuis 2009) |
| Cotisation déductible d'impôt ? | Oui, 100 % | Non |
| Croissance imposable ? | Non (à l'abri de l'impôt) | Non (à l'abri de l'impôt) |
| Retrait imposable ? | Oui, comme un revenu | Non, jamais |
| Cotisation reportable ? | Oui, indéfiniment | Oui, indéfiniment |
| Idéal pour quel revenu ? | Revenus moyens à élevés (50 k $ et +) | Tous les revenus, surtout faibles |
| Date limite de cotisation | 1er mars (pour année précédente) | 31 décembre |
Comment fonctionne le REER ?
Le Régime enregistré d'épargne-retraite (REER), c'est le grand classique de l'épargne canadienne. Créé en 1957, il a un seul but : vous encourager à épargner pour la retraite en vous donnant un avantage fiscal tout de suite.
Comment ça fonctionne fiscalement
Quand vous cotisez à votre REER, le montant cotisé est déduit de votre revenu imposable de l'année. Si vous gagnez 80 000 $ et que vous cotisez 5 000 $, le fisc vous traite comme si vous aviez gagné 75 000 $. Vous payez moins d'impôt cette année-là, et la différence vous revient au printemps sous forme de remboursement.
L'argent dans le REER croît ensuite à l'abri de l'impôt. Pas d'impôt sur les intérêts, sur les dividendes, ni sur les gains en capital. Par contre, le jour où vous sortez l'argent, à la retraite ou avant, le retrait s'ajoute à votre revenu imposable de l'année. C'est ce qu'on appelle l'impôt différé. Rien n'est effacé, tout est reporté.
Combien pouvez-vous cotiser au REER en 2026 ?
Pour 2026, votre cotisation maximale au REER est de 18 % de votre revenu gagné de l'année précédente, jusqu'à un maximum de 33 810 $. Ce plafond est indexé chaque année. Et si vous n'avez pas utilisé tous vos droits les années passées, ils s'accumulent. Vous pouvez le voir sur votre Avis de cotisation de l'Agence du revenu du Canada (ARC).
Dans quels cas le REER est-il le plus payant ?
Le REER est difficile à battre dans deux situations : quand votre taux d'impôt actuel est élevé, parce que la déduction vaut gros, et quand votre taux sera plus bas à la retraite, parce que vous paierez l'impôt reporté moins cher.
Voici comment je l'explique en rencontre. Quelqu'un qui gagne 80 000 $ par année au Québec se situe dans une tranche combinée d'environ 37,1 %. En cotisant 5 000 $ à son REER, il récupère environ 1 855 $ au printemps. Cet argent-là, je recommande presque toujours de le réinvestir, souvent dans le CELI. C'est ce qui fait la différence sur 25 ans.
Comment fonctionne le CELI ?
Le Compte d'épargne libre d'impôt (CELI), créé en 2009, est le petit nouveau qui a tout chamboulé. Sa promesse tient en une phrase : vous y mettez de l'argent déjà imposé, il croît à l'abri, et vous le retirez sans jamais payer un sou de plus.
Comment ça fonctionne
Contrairement au REER, votre cotisation au CELI n'est pas déductible. Vous mettez de l'argent net, après impôt. Mais en échange, tout ce qui se passe à l'intérieur du compte (intérêts, dividendes, gains en capital) est complètement non imposable, pour toujours. Et quand vous retirez, c'est aussi 100 % libre d'impôt.
Autre avantage, et il est majeur : les retraits ne touchent pas vos prestations gouvernementales. La Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), le Supplément de revenu garanti (SRG), le crédit pour TPS, rien de tout ça n'est affecté par vos retraits CELI. C'est un détail qui devient crucial à la retraite.
Combien pouvez-vous cotiser au CELI en 2026 ?
Le plafond annuel pour 2026 est de 7 000 $. Et voici ce que bien des gens ignorent : si vous étiez majeur en 2009 et que vous n'avez jamais cotisé, tous les plafonds depuis se sont accumulés. Au 1er janvier 2026, le cumul total atteint environ 102 000 $ de droits de cotisation. Beaucoup de gens ne le réalisent pas.
Et si vous retirez de l'argent du CELI ? Le montant retiré est réajouté à vos droits l'année suivante. C'est propre au CELI, et c'est ce qui en fait l'outil le plus souple des deux.
Dans quels cas le CELI est-il le plus payant ?
Le CELI est le bon choix dans trois cas : un jeune travailleur en début de carrière, dont le revenu modeste rend la déduction REER peu utile ; un projet à court ou moyen terme, comme une mise de fonds ou un coussin d'urgence ; et la retraite, où il fournit des revenus souples et non imposables.
Quelqu'un met 10 000 $ dans son CELI à 35 ans. À 6 % de rendement moyen, ce montant vaut environ 57 400 $ à 65 ans. Il retire le tout. Impôt à payer : zéro. Voilà ce que le CELI fait de mieux.
Exemple concret
REER ou CELI : quelle est la vraie différence fiscale ?
Voici une chose qu'on prend rarement le temps d'expliquer. Mathématiquement, le REER et le CELI donnent le même résultat, à une condition : que votre taux d'imposition soit identique au moment de la cotisation et au moment du retrait. Voyons ça avec un cas concret.
L'exemple de Marie, 35 ans
Exemple illustratif, à des fins pédagogiques.
Marie est un profil que je rencontre souvent : 35 ans, 75 000 $ par année, elle habite Brossard. Elle a 5 000 $ à placer et veut savoir où. On suppose un rendement de 6 % par année pendant 30 ans.
Option A : Marie cotise au REER
- Cotisation : 5 000 $
- Déduction immédiate, à un taux marginal d'environ 37 % : 1 855 $ d'économie d'impôt
- Croissance à 6 % pendant 30 ans : les 5 000 $ deviennent 28 700 $
- Retrait à 65 ans, en supposant un taux de 30 % à la retraite : 20 090 $ net
Il ne faut pas oublier le remboursement de 1 855 $ reçu au moment de la cotisation. Placé à 6 % dans son CELI pendant 30 ans, il ajoute 10 651 $ non imposables. Total réel : 30 741 $.
Option B : Marie cotise au CELI
- Cotisation : 5 000 $, sans déduction
- Croissance à 6 % pendant 30 ans : 28 700 $
- Retrait à 65 ans : 28 700 $ net, zéro impôt
Total : 28 700 $.
Conclusion mathématique
Avec ces hypothèses, le REER assorti du remboursement réinvesti bat le CELI d'environ 2 000 $. La raison tient à un seul chiffre : le taux d'impôt de Marie a baissé entre la cotisation, à 37 %, et le retrait, à 30 %. C'est l'arbitrage fiscal classique du REER.
Inversez maintenant la situation. Si Marie gagne 40 000 $ aujourd'hui, à un taux marginal d'environ 27 %, et qu'un régime de pension lui promet un revenu de retraite plus élevé, le CELI devient nettement plus avantageux. Tout se joue sur la trajectoire de votre revenu.
La règle que je donne en rencontre tient en deux phrases. Si votre taux d'impôt actuel est plus haut que celui que vous prévoyez à la retraite, choisissez le REER. Si c'est l'inverse, choisissez le CELI. Et si vous hésitez, c'est exactement le genre d'analyse que je fais gratuitement. Vous pouvez aussi explorer mes outils et calculateurs pour simuler votre propre scénario.
Quelle situation appelle quel régime ?
Voici, par profil, ce que je recommande le plus souvent. Chaque cas mérite une analyse à part, mais ces grandes orientations tiennent la route dans la vaste majorité des situations.
| Revenu annuel | Taux marginal | Visuel | Régime recommandé |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 000 $ | ~27 % | CELI | |
| 50 000 $ à 100 000 $ | 32 % à 47 % | Stratégie mixte | |
| 100 000 $ et plus | 47 % à 53 % | REER prioritaire |
Étudiant ou jeune professionnel (revenu < 50 000 $)
Privilégier le CELI. À ce niveau de revenu, votre taux marginal tourne autour de 27 % : la déduction REER vous économise peu. Pendant ce temps, vos droits CELI s'accumulent et votre revenu, lui, ne fera que monter. Gardez vos droits REER pour le moment où ils vaudront davantage.
Carrière établie (revenu 50 000 $ à 100 000 $)
Stratégie mixte. Vous entrez dans la zone où le REER devient vraiment intéressant, avec un taux marginal de 32 % à 47 %. Ce que je propose le plus souvent : remplir le CELI en premier, 7 000 $ par année, puis verser l'excédent au REER. Et réinvestir le remboursement d'impôt, toujours.
Hauts revenus (100 000 $ et +)
REER prioritaire. Au-dessus de 100 000 $, vous touchez aux tranches de 47 % à 53 %. Chaque dollar versé au REER rapporte gros. On maximise la déduction, puis on redirige le remboursement vers le CELI ou vers un compte non enregistré.
Approche retraite (55 ans et +)
Mixte, avec la flexibilité comme priorité. Si votre REER n'est pas plein, on continue de cotiser pour réduire l'impôt de l'année. Mais on bâtit sérieusement le CELI : à la retraite, c'est lui qui donne des revenus souples et non imposables, et c'est ce qui aide à éviter la récupération de la PSV, qui commence autour de 90 000 $ de revenu.
Achat d'une première propriété
CELIAPP avant tout. Si une première maison est au programme, le CELIAPP réunit la déduction du REER et le retrait non imposable du CELI. J'y consacre un guide complet. Ne laissez pas passer vos droits annuels.
Travailleur autonome ou propriétaire d'entreprise
REER pour réduire le revenu. Sans régime de pension d'employeur, le REER devient votre principal outil de retraite et votre meilleur levier pour réduire votre revenu imposable. Il offre aussi, sous certaines conditions, une protection en cas de faillite. On peut explorer ça ensemble dans la page Épargnes de mon site.
Peut-on cotiser au REER et au CELI en même temps ?
Rien n'oblige à choisir un seul régime. Les gens qui s'en tirent le mieux utilisent les deux, chacun pour ce qu'il fait de mieux. Voici trois stratégies que je monte régulièrement.
Stratégie 1 : la classique, pour un revenu moyen
Remplir le CELI d'abord, puis cotiser au REER. Vous vous bâtissez un coussin souple et non imposable pour vos projets à court et moyen terme, tout en démarrant votre épargne-retraite. C'est de loin la stratégie que je recommande le plus souvent aux couples.
Stratégie 2 : pour un revenu élevé
Remplir le REER, puis placer le remboursement dans le CELI. Vous encaissez deux effets à la fois : une grosse déduction cette année, et la croissance non imposable du remboursement. Sur 20 ans, l'écart devient considérable.
Stratégie 3 : la préretraite, à partir de 55 ans
Équilibrer les deux pour garder le contrôle fiscal. À la retraite, vous voulez pouvoir piger dans l'un ou dans l'autre selon le revenu de l'année. Une année chargée, avec un gain en capital ou un héritage : vous puisez dans le CELI pour ne pas monter de tranche. Une année tranquille : vous retirez du FERR au taux le plus bas.
La vraie richesse à la retraite, ce n'est pas seulement combien vous avez. C'est aussi comment vous pouvez y accéder sans donner la moitié au gouvernement.
Quelles particularités québécoises faut-il connaître ?
Comme conseiller à Brossard, je travaille tous les jours avec la fiscalité combinée fédérale et provinciale. Le Québec a ses particularités, et elles changent les calculs.
Crédits provinciaux et REER
Le Québec applique son propre barème d'impôt, généralement plus élevé que dans les autres provinces. Pour 2026, les taux marginaux combinés vont d'environ 27 % (revenus modestes) à 53,3 % (revenus de plus de 246 000 $). Autrement dit, au Québec, la déduction REER vaut plus cher que dans les provinces à faible imposition, tout simplement parce qu'elle vous fait éviter un taux plus élevé.
Impact sur les prestations
Vos retraits REER (et FERR) s'ajoutent à votre revenu et peuvent réduire votre Supplément de revenu garanti (SRG), votre Allocation famille, votre crédit pour TPS, et entraîner la récupération de la PSV. Les retraits CELI, eux, n'affectent rien. Pour un retraité à revenu modeste, c'est souvent l'argument qui tranche.
Retraite Québec et RRQ
N'oubliez pas que vous avez droit aux prestations de la Régie des rentes du Québec (RRQ) à partir de 60 ans (avec pénalité) ou 65 ans (taux plein). Le REER et le CELI viennent compléter cette rente, pas la remplacer. Une planification sérieuse tient compte des trois ensemble.
Et le CELIAPP dans tout ça ?
Si une première maison fait partie de vos plans, il faut parler du Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété (CELIAPP), créé en 2023.
Ce compte prend le meilleur des deux. Les cotisations sont déductibles d'impôt, comme au REER, et les retraits pour l'achat d'une première maison sont entièrement non imposables, comme au CELI. Aucun autre compte au pays ne fait les deux.
- Plafond annuel : 8 000 $
- Plafond à vie : 40 000 $
- Durée maximale du compte : 15 ans
- Possibilité de transférer vers un REER si vous ne l'utilisez pas pour une maison
Pour un futur propriétaire, le CELIAPP passe avant le CELI. J'ai écrit un guide complet sur le CELIAPP 2026 si vous voulez le détail des règles et des stratégies.
Lequel, dans votre cas
L'arbitrage tient en trois constats :
- Le REER est meilleur quand votre taux d'impôt est élevé aujourd'hui et plus bas à la retraite. Il offre un avantage fiscal immédiat puissant.
- Le CELI est meilleur pour les revenus modestes, les projets flexibles, et la retraite (zéro impact sur vos prestations).
- Dans la grande majorité des situations, la meilleure stratégie consiste à utiliser les deux et à réinvestir chaque remboursement d'impôt.
Et comme je le répète en rencontre, aucune situation n'est identique à une autre. Votre revenu, votre âge, vos objectifs, le régime de pension de votre employeur, vos enfants, vos projets immobiliers : tout compte. Un calculateur en ligne ne remplace pas une analyse faite avec vos vrais chiffres.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de cotisation REER pour 2026 ?
+18 % de votre revenu gagné de l'année précédente, jusqu'à un maximum de 33 810 $. Ce plafond est indexé chaque année, et les droits de cotisation inutilisés s'accumulent indéfiniment.
Quel est le plafond de cotisation CELI pour 2026 ?
+7 000 $ pour l'année 2026. Si vous étiez majeur en 2009 et n'avez jamais cotisé, le cumul total de vos droits atteint environ 102 000 $ au 1er janvier 2026.
Les retraits REER affectent-ils mes prestations gouvernementales ?
+Oui. Les retraits REER et FERR s'ajoutent à votre revenu et peuvent réduire le Supplément de revenu garanti (SRG) et l'Allocation famille, en plus d'entraîner la récupération de la Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV). Les retraits CELI, eux, n'affectent aucune de ces prestations.
Devrais-je cotiser au REER ou au CELI en premier ?
+La règle simple : si votre taux d'imposition actuel est plus élevé que celui prévu à la retraite, le REER est avantageux. Si c'est l'inverse (revenu appelé à augmenter), le CELI protège mieux vos droits. Dans environ 80 % des cas, la meilleure stratégie combine les deux.
Discutons de votre stratégie
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